dimanche 16 mars 2008

Hiver

L'église Sainte-Geneviève photographiée de l'Ile-Bizard, sur le bord de la rivière des Prairies
On est à la mi-mars, et la hauteur des bancs de neige semble indiquer que la fin de l'hiver 2008 sera pénible... Mais est-ce là la bonne façon de réagir devant cet hiver, il est vrai, un peu long? Ne devrait-on pas plutôt se réjouir de cet hiver beaucoup plus "normal" que celui de l'année dernière, chaud et pluvieux? L'hiver de cette année n'est-il pas un hiver québécois, un vrai!? Moi je pense que oui. Je pense que trouver l'hiver pénible, même s'il est long, ça devrait être interdit!

Y'a pas si longtemps, quand j'étais petit, l'hiver était à chaque année une bénédiction. Il suffisait d'une chute de quelques centimètres de neige et j'accourait, seul ou avec mes amis, pour profiter de ce plaisir nordique. Ici, dans le sud du Québec, l'hiver peut peut-être devenir un peu sale et désagréable, c'est vrai. Mais c'est pas l'hiver qui cause ça, c'est le trop grand nombre de voitures qui circulent dans nos banlieues, c'est la quantité gigantesque de sel et de sable qu'on étend sur les routes et trottoirs, pour pouvoir continuer à marcher avec nos "running shoes" pendant la saison froide. Quand j'étais plus jeune, y'a rien qui pouvait venir gâcher la pureté de la montagne de neige qui s'accumulait sur le terrain de la maison de mes parents, à l'Ile-Bizard. Rien qui allait me faire dire "Ah, maudit que l'hiver est long!", parce que j'acceptais alors la nature comme elle était. S'il faisait plus froid que la veille, je m'habillais plus chaudement que la veille ; c'est pas plus compliqué que ça! Puis, toute erreur de calcul quant à l'épaisseur de mon habillement était vite oubliée par l'intervention du soupe Lipton ou d'un chocolat chaud Carnation. Préparés - faut-il le rappeler? - grâce à l'amour inconditionnel d'une maman au coeur infini.

Si les enfants aiment l'hiver avec tous ses défauts, c'est pas parce qu'ils sont insouciants, inconscients ou encore "trop jeunes pour comprendre". C'est essentiellement parce qu'ils ont pas de voiture, ne risquent pas d'être en retard au bureau et ne laissent par leur bien-être dépendre des conditions météorologiques. Ils sont indépendants, alors que les "grandes personnes", nous, les adultes, plus matures, nous sommes dépendants de pleins de choses. Par contre, ce qui est bien agréable, c'est que les enfants et les "grandes personnes" sont en fait les mêmes personnes. Certaines d'entre elles l'ont seulement oublié.