To blog or not to blog...
Qui peut nous dire ce qu'est l'avenir? Est-ce que nous nous dirigeons vers un certain progrès de l'humanité? Est-ce que des concepts comme "nous", "progrès" et "humanité" existent vraiment dans notre monde? Bon, assez de questions, je crois avoir rendu assez évidente ma passion pour le questionnement philosophique. Mais certaines questions doivent dépasser les limites de la philosophie scolaire et intéresser chacun de nous. Exemple: où allons-nous?Il faut le dire, plusieurs vont tenter une réponse à cette question. Selon moi, le fait est qu'on ne peut pas répondre à cette question. "Où c'est qu'on s'en va?" reste une énigme que nous nous posons à nous-mêmes, mais dont nous ne connaissons pas la réponse. Par contre, une chose me semble fondamentalement certaine, il est complètement absurde de fondre de désespoir devant une telle question. Mais qu'est-ce qui nous permet donc d'échapper à l'angoisse existentielle que suggère une question à laquelle nous ne pouvons pas répondre? Une compréhension plus éclairée de l'énigme en question.
La question "où allons-nous?" n'a pas de sens. Pardon, quelle erreur!, elle n'a pas de sens pour nous. Être conscient de ce que nous sommes réellement, c'est accepter de remplacer cette question absurde par une question qui va nous mener vers une réponse: "où voulons-nous aller?" Ah! quelle débarque elle vient de se prendre l'énigme insoluble... et tant mieux! Puisqu'il n'y a fort probablement aucun(s) dieu(x) qui nous juge, ne perdons pas de vue que nous n'avons de comptes à rendre qu'à nous-mêmes. Donc, posons non pas une énigme, mais bien un questionnement philosophique qui nous guidera autant que le ferait une réponse divine révélée. L'avantage en donnant nous-mêmes un sens à nos vies, c'est qu'on est jamais mieux servi que par soi-mêmes... mais il est trop évident que je verse largement dans le cliché, alors vaut mieux poursuivre notre chemin.
Donc, à la question "où voulons-nous aller?", nous pouvons répondre. En fait, chacun pourra répondre pour lui, mais doit en quelque sorte considérer les autres dans sa réflexion. L'individualisme ne rend pas vraiment compte de ce qu'on est; après tout, je suis le résultat - comme tout le monde... - de l'accouplement de deux humains d'un point de vue physique ET le résultat d'une société et d'une culture d'un point de vue mental. Donc, la manière de me définir en tant qu'individu passe par les autres. Je suis donc malhonnête quand je reste égoïste et que je base mes actes et mes paroles sur une base strictement individualiste. Mais la question demeure: "où voulons-nous aller?"
Vers l'autre.
Mais qu'est-ce que l'autre? C'est tout ceux qu'il si facile d'atteindre aujourd'hui. C'est celui ou celle que je croise dans le métro de Montréal et avec qui s'engage une conversation improvisée un matin d'hiver. C'est celui ou celle avec qui je partage une passion, un rêve, un idéal, une vision du monde. C'est celui ou celle qui, par pur hasard, se retrouve coincé dans le même ascenseur que moi dans la bibliothèque de l'école. C'est celui ou celle avec qui j'ai partagé mes intuitions sur les étoiles et le futur quand on était p'tits. C'est celui ou celle avec qui j'ai bu mes premières bières. C'est ceux et celles pour qui j'écris tout ça. C'est ceux et celles à cause de qui j'étudie la philosophie à l'université.
Si on veut concilier nos réponses à la question "où voulons-nous aller?", parce qu'il faut le vouloir avant tout, alors il faut s'ouvrir aux autres. Mais comment partager ce qui se passe dans notre esprit? Comment montrer aux autres ce qui nous anime si on est pas ouvert aux autres? Comment pouvoir comprendre les autres s'ils sont fermés sur eux-mêmes avec aucune volonté de s'ouvrir? C'est là que tout commence; alors, to blog or not to blog? To blog! Le phénomène des weblogs est un moyen de s'ouvrir aux autres. (Remarquez qu'un brève promenade dans la blogosphère suffit pour voir que c'est aussi un bon moyen de se refermer sur soi, mais ce n'est pas ces cas qui nous intéressent ici.)
Un changement de mentalité chez les autres passe par un changement de mentalité chez soi. La seule façon qu'un individu peut participer à la propreté de son quartier, c'est en faisant le ménage dans sa propre maison. Mais les portes doivent rester ouvertes. Partager avec les autres nos réflexions est aussi important que la réflexion. Ce serait une grave erreur de réfléchir sur "où on s'en va" en n'incluant pas les autres dans notre rélexion; après tout, je suis bien forcé d'admettre que, où que je veuille aller, les autres doivent aller avec moi pour que ça marche.



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