Les partis politiques
Parlons-en de l'indépendance... s'il y a un sujet inévitable au Québec, c'est celui-là. Avouer que rien n'est plus drôle que de se trouver en présence d'immigrants qui ne sont pas au courant des tentatives récentes d'indépendance du Québec. Pourquoi c'est drôle? Parce qu'il faut tout à coup se forcer et chercher quelles sont les vraies raisons qui justifient l'indépendance du Québec. Nos amis les immigrants ne se gêneront pas - et il faut les comprendre! - pour poser toutes ces questions embarassantes à propos de l'indépendance; Pourquoi voulez-vous vous séparer du reste du Canada? demanderont-ils. Que proposez-vous de mieux que ce que fait le Canada à l'heure actuelle? Est-ce qu'un Québec souverain serait aussi ouvert aux autres nations que le Canada? renchériront-ils, pensant déjà sur quelle sera leur position à ce sujet.
À quelques reprises, j'ai eu honte de tenter d'expliquer les faits à ces gens qui, dans la plupart des cas, sont nés dans des pays beaucoup moins stable que le mien. Quelquefois, ces oreilles qui m'écoutent parler de René Lévesque ou de Pierre Eliott Trudeau ont entendu éclater un obus près de la maison familiale. Ça devrait être sa voix qui exprime la douleur d'un peuple, et non la mienne...
Ce sont ces conversations-là qui vous font réfléchir sur l'importance de la question de l'indépendance du Québec. Est-ce vraiment une nécessité? M.André Boisclair, du Parti Québécois, a-t-il l'impression qu'Ottawa est une menace pour notre province, lui qui promet de tenir un référendum sur la souveraineté dès que le PQ est porté au pouvoir? A-t-il rencontré des Congolais, des Libanais ou des Tibétains dans sa jeune carrière? Sans doute. Mais je ne serais pas surpris d'apprendre que c'est lui qui leur parlait lors de ces rencontres, et non l'inverse. Mais bon, voilà que nous sommes dans de la spéculation quelque peu offensante à l'endroit de M.Boisclair. Changeons donc de cap.
Les Solidaires ont manqué une belle occasion de bien paraître lors de la conférence de presse qui marquait le début de leur existence. Les deux têtes dirigeantes du nouveau parti provincial ont annoncé aux médias - avant que ces derniers ne le demandent voracement - que Québec Solidaire était un parti souverainiste. Un nouveau parti, les mêmes procédures sévères à l'endroit d'Ottawa. On joue la game un peu comme le Parti Québécois, c'est-à-dire qu'on semble avoir beaucoup de mal à nuancer les positions. Pourtant, un parti moins aguerri aurait reflété avec un peu plus de réalisme les opinions déjà extrêmement nuancés que l'on trouve dans la population du Québec, les principaux interessés dans cette histoire. Je vous annonce qu'une fois de plus, on a oublié ceux qui hésitent. On oublie qu'il y a des nuances! On oublie que c'est pas René Lévesque qu'il faut satisfaire, c'est le peuple! On oublie qu'un parti extrêmement souverainiste, on en a déjà un.
Quelle joie ce sera d'entendre un jour le chef d'un nouveau parti provincial déclarer: "La question de l'indépendance du Québec sera étudiée par tous les moyens possibles afin d'évaluer la réelle nécessité de la réaliser. Je ne dit pas non, je ne dit pas oui. Je dit qu'on en parlera, et qu'on fera tout notre possible pour entendre tous les points de vue." Les analystes vont nous répéter mille fois que ce nouveau chef est mauvais car il ne met pas ses culottes, mais je vais quand même préférer celui-là plutôt que ceux qui ne se demandent pas quelle paire de culotte il serait convenable de porter pour diriger le Québec du XXIe siècle.



